03/04/2014

Tourisme de Mémoire - Arras ( France ) : premiers frémissements d’un tourisme régional dopé par le Centenaire de la Grande Guerre

Un guide touristique en main, une bouteille d’eau dans l’autre, l’appareil photo rebondissant sur la bedaine au rythme des pas accomplis sur les pavés, Paul et Mary se baladent tout sourire dans les rues d’Arras. Loin de leur « home sweet home », quelque part dans la banlieue de Brisbane, dans le Queensland... en Australie. Perdus ? Éjectés d’un Eurostar Paris-Londres ou tombés d’un vol Reykjavik-Antananarivo ? Non...

Le couple de septuagénaires est même franchement ravi de voir Arras « en vrai ! Depuis le temps qu’on voulait venir ici, sur les traces de nos ancêtres », explique Paul, dont un grand-oncle a combattu, et péri, sur les plaines d’Artois, en avril 1917. Au programme de leur séjour, couplé avec une visite un peu plus romantique à Paris, puis une promenade viticole dans le bordelais, les visites de Bullecourt, Vimy, Lorette, de la Carrière Wellington... « C’est émouvant d’imaginer ce que nos anciens ont vécu ici il y a quatre-vingt-dix-sept ans, poursuit Paul. Le site de Wellington est bouleversant. Je regardais les photos défiler, et à chaque instant, je croyais distinguer la silhouette de mon oncle. En fait, peu importe le sang qui coule dans nos veines, j’ai été ému parce que ce sont tous mes compatriotes ! Je sais que quelques-uns de nos amis envisagent de venir ici, mais aussi dans la Somme, en 2016 ou 2017. On va le leur conseiller ! »

Arras, capitale mondiale du Centenaire 14/18 !

Comme Paul et Mary, ils seront sans doute des milliers de touristes britanniques, canadiens, néo-zélandais ou encore australiens à transiter par Arras jusqu’en 2018. Car si c’est à Verdun que la France exhumera ses plus douloureux souvenirs de la Grande Guerre, en 2016, c’est bien dans l’Artois, et dans la Somme, qui auront été quatre ans durant le meurtrier épicentre du premier conflit mondial, que les descendants des soldats du Commonwealth viendront exorciser les leurs.

Arras, capitale mondiale du Centenaire 14/18 ? Si, si, enfin vu par le prisme des nations du Commonwealth ! Une évidence, même. Historique, en ce que la cité atrébate, ville martyre, porte encore les stigmates des combats qui ont vu défiler sur ses pavés ou dans ses entrailles des soldats venus du bout du monde pour tenter d’enrayer la matrice diabolique de ce conflit. Mais stratégique aussi, parce que la ville a su mettre en valeur ce patrimoine, lui (re)donner du sens, l’ériger en implacable référence. Sans compter qu’elle est la seule à pouvoir accueillir dignement ces touristes du monde entier qui auront à cœur d’aller rendre hommage à leurs aïeuls à Bullecourt ou Vimy, et y compris du côté de Beaumont-Hamel, Thiepval ou La Boisselle, dans la Somme, « le Verdun des Britanniques »... Sinon, Arras, capitale régionale, c’est déjà bien. et ce n’est pas un hasard si c’est à Arras, le jeudi 10 avril prochain, que sera officiellement lancé des manifestations labellisées Mission Grande Guerre dans le Nord - Pas-de-Calais pour les quatre ans à venir !

 

Le compteur des réservations grimpe

Arras érigée en vitrine du devoir de mémoire, on s’en réjouit forcément à l’office de tourisme. Où le marqueur « fréquentation » grimpe en effet au fil des semaines. On s’attend ainsi à exploser des records à la carrière Wellington, qui avait accueilli un peu plus de 43 800 visiteurs en 2013 (contre 45 000 en 2012, mais sur neuf mois et demi d’exploitation pour cause de travaux !). « Les réservations sont pour l’instant prometteuses », témoigne Laurence Mortier, directrice adjointe de l’OT. Comme elles le sont aussi pour les circuits de visites sur les champs de bataille (individuel et groupes scolaires ou adultes confondus). «On en a totalisé soixante en 2013. Et pour 2014, on a déjà plus de quarante réservations ! »

Du côté des hôteliers, les grands établissement confirment la tendance qui se dessinait il y a déjà quelques mois, pressés qu’ils sont par les tour opérateurs de leur trouver des créneaux encore libres entre 2014 et 2018. « Ça devient même chaud, très chaud pour 2016 et 2017, pour trouver une chambre dispo à certaines dates ! », nous glisse-t-on. Ce sera il est vrai, à l’hiver 2016, le 100e anniversaire de la Bataille de la Somme, sur un territoire (à une quarantaine de kilomètres de la cité atrébate) dont la capacité hôtelière n‘est absolument pas en mesure d’absorber le flux de touristes attendus ; et en avril 2017, celui des Batailles d’Arras, de la Crète de Vimy et de Bullecourt, intéressant respectivement les Britanniques, les Canadiens et les Australiens. Avec une date clé, celle du 9 avril 2017, que des milliers de touristes d’Outre-Manche et d’Outre-Atlantique ont d’ores et déjà inscrite en rouge sur leur agenda. Avec sans doute quelques têtes couronnées et chefs d’État en guest stars, Vimy sera à nouveau « the place to be ». Et les places d’Arras seront les premières à en profiter !

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