28/03/2014

Congo Airways, la nouvelle compagnie aérienne en RDC, annoncée par le gouvernement

La République démocratique du Congo est déterminée à se doter d’une compagnie aérienne nationale. Elle s’appellera Congo Airways et devait être opérationnelle d’ici la fin de l’année 2014. Ainsi en a décidé le gouvernement le lundi 10 février 2014 en Conseil des ministres. Il s’agit d’un projet qui s’inscrit dans le cadre de son programme d’action quinquennal. La compagnie aérienne qui sera créée sera une compagnie fiable et opérationnelle, selon les ambitions dévoilées.

La situation préoccupante de l’aéronautique civile du pays caractérisée par la récurrence des accidents de trafic aérien, l’insuffisance des capacités techniques et des compétences humaines de l’agence de supervision (AAC) au regard de sa mission publique, le mauvais état des aéroports du pays, nationaux et internationaux, qui affichent des conditions qui ne répondent pas encore aux standards en la matière et enfin l’inscription de toutes les compagnies aériennes congolaises sur la blacklist de l’Union européenne et de l’OACI, avec interdiction de survol du territoire européen et américain. Voilà autant de raisons qui sous-tendent la création du compagnie aérienne nationale.

A cela, s’ajoute la faillite de facto de la compagnie nationale, «Lignes Aériennes Congolaises» incapable, à ce jour, d’assurer des vols même au niveau domestique ainsi que l’insuffisance d’infrastructures alternatives afférentes aux transport routier, ferroviaire, lacustre et fluvial. Ainsi, le gouvernement congolais dissout les Lignes Aériennes Congolaises et décide de créer le Congo Airways.

Selon la vision stratégique du gouvernement congolais, la nouvelle compagnie aura pour mission « le transport, par voie aérienne, des personnes et des biens, dans les meilleures conditions de sécurité, de sûreté, de fiabilité et d’économie mais aussi l’intégration économique et physique du territoire national, compte tenu de sa taille et des contraintes imposées par l’état actuel des modes alternatifs de transport (routes, voies fluviales, lacustres et voies ferrées) ». Il s’agira également pour le Congo Airways de contribuer à la restauration de l’image de marque et du prestige du pays au plan national et international, ainsi que de la fierté retrouvée du pays à travers le port de la bannière nationale.

L’Etat congolais, promoteur du projet, est le principal actionnaire. On note également la présence des personnes physiques et morales de nationalité congolaises. Les sociétés du Portefeuille et des établissements publics ont été invités à souscrire au capital de la compagnie. Ainsi, la RVA, la GECAMINES, la SCTP, le SEPCONGO, l’OGEFREM, le FPI, l’INSS. La GECAMINES et le FPI vont souscrire au capital de la compagnie à hauteur chacun de 2 millions de dollar US. D’autres sociétés et établissements publics examinent la question au niveau de leurs organes statutaires.

Vu que la aura un caractère national, le gouvernement congolais ambitionne que le savoir-faire nécessaire à sa mise en place et à son exploitation soit, à terme, entre les mains des nationaux. Une équipe des cadres nationaux étroitement associés à l’ensemble du processus de création et de développement de la compagnie sera mise en place ainsi que la primauté d’objectifs et de choix nationaux dans la détermination de ses stratégies de gestion.

Il y aura trois catégories de partenaires, à savoir, les actionnaires nationaux, à participation majoritaire: Etat congolais, personnes physiques et morales de nationalité congolaise. Un actionnaire privé, à participation minoritaire, spécialisé dans le domaine de l’aviation civile. Enfin, une quote-part du capital réservée aux salariés, en vue de les responsabiliser et les motiver à contribuer à la vie et au développement de la compagnie. Le projet comprendra 3 phases à savoir : exploitation des vols domestiques, exploitation des vols régionaux, exploitation des vols internationaux.

Le réseau domestique constitue le premier segment de marché à exploiter avec comme principales destinations cibles: Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu, Kindu, Mbuji-Mayi, Kananga, Mbandaka, Gemena, Isiro. Bunia, Kolwezi et Kalemie. Ces villes sont proposées sur la base du business plan préliminaire élaboré avec le concours des experts de Boeing Company.

La durée de chaque phase sera déterminée sur la base du business plan final, sachant aussi qu’il est possible d’envisager la mise en route des phases 1 et 2 de manière concomitante.

Etant donné la volonté du Gouvernement d’associer un partenaire stratégique dans l’exploitation de cette compagnie, trois types de coopération sont envisagées: Le Consultant (une compagnie aérienne ou non) qui devra travailler uniquement pour affiner le Business plan et aider au démarrage de la nouvelle compagnie. Le Partenaire Technique vendra son expertise (entraînement des pilotes, des mécaniciens, du personnel de cabine, etc.) et accompagnera la nouvelle société sur plusieurs années. Le partenaire technique devrait forcément être une compagnie aérienne, avec un savoir-faire sérieux, sans interférer dans les autres domaines de gestion de la société. Le Partenaire Stratégique, lequel serait lié à la nouvelle compagnie par une relation à long terme (une compagnie aérienne dans ce cas), avec laquelle des accords commerciaux seront passés et qui se retrouverait éventuellement dans le capital social de la compagnie.

Plusieurs compagnies aériennes ont été contactées à cet effet à savoir : Turkish Airlines, Air France-KLM, Brussels Airlines, Emirates, Ethiopian Airlines. Turkish Airlines, Air France-KLM, ont fait part d’un intérêt évident.

Des experts consultés et de certaines compagnies aériennes intéressées, notamment Turkish Airlines ont recommandé que Congo Airways vole avec des aéronefs de location en lieu et place d’en acquérir. Dans ce cas, le gouvernement assure qu’il s’agira d’une location sans équipages.

Didier Assogba

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