05/03/2014

Comment se protéger contre les maladies tropicales ?

Après un voyage, la vaste majorité des gens rentrent chez eux heureux et en santé. Mais il y a aussi des histoires d'horreur. Des organes bousillés. Des larves qui gigotent sous la peau...

              

«Ça, c'est assez dégueulasse, commente le Dr Brian Ward, du Centre des maladies tropicales de l'Université McGill. Après le diagnostic, les gens doivent retourner chez eux et prendre une demi-bouteille de vin pour se calmer. Il y en a qui vont probablement avoir des cauchemars pendant des semaines.»

Des histoires d'horreur, le Dr Ward en voit tous les jours. Mais il y a moyen d'éviter de se retrouver dans son cabinet après un voyage; il y a des choses à faire pour se protéger. Et la première, c'est de visiter une clinique spécialisée en médecine du voyage.

«Il y a des informations erronées sur l'internet, commente la Dre Audrey Anctil, de la Polyclinique médicale Concorde, à Laval. Et je recommande de ne pas se fier uniquement aux agents de voyages qui soutiennent qu'il n'y a pas de problème et qu'on n'a pas besoin de médication pour telle ou telle destination.» Le médecin examine l'itinéraire avec le voyageur pour évaluer les risques. La présence de malaria, par exemple, varie beaucoup d'une année à l'autre et d'une région à l'autre. Cette maladie peut se prévenir avec un médicament oral.

Le médecin regarde également le carnet d'immunisation du voyageur. Il peut être nécessaire de donner un rappel du vaccin contre la poliomyélite ou d'entamer une série de vaccins contre la rage.

«Ça dépend aussi du type de voyage, note la Dre Anctil. Les gens qui vont se promener en sac à dos plus longtemps seront plus à risque que ceux qui partent une semaine dans un tout-inclus ou dans un voyage organisé.»

Mais ces derniers ne sont pas totalement à l'abri.

«Plus des trois quarts des cas d'hépatite A au Québec touchent des gens qui ont visité uniquement un tout-inclus à quatre ou cinq étoiles, affirme le Dr Ward. Ça vaut la peine, même pour un voyage de luxe, de visiter un centre pré-voyage.»

Il existe justement des vaccins très efficaces contre l'hépatite A et l'hépatite B.

Le Dr Ward met en garde contre un certain manque d'inhibition associé au voyage.

«Les gens prennent plus de risques: ils reviennent avec un tatouage, avec une expérience sexuelle intéressante ou une expérience pas très agréable dans une voiture, raconte-t-il. On a étudié les décès des voyageurs canadiens: la plupart sont dus à un traumatisme [une lésion ou blessure due à un agent extérieur].»

De façon moins dramatique, les voyageurs vont surtout côtoyer la fameuse diarrhée des voyageurs, la tourista.

«Environ 30 % des individus qui voyagent pour plus de deux semaines vont avoir au moins une expérience avec une petite gastro, ou quelque chose de plus impressionnant», affirme le Dr Ward.

Il faut faire attention à ce qu'on mange et à ce qu'on boit. Il faut surtout se méfier de l'eau du robinet, même pour se brosser les dents.

Un médecin peut prescrire un médicament à prendre en cas de tourista pour aider le voyageur «à passer au travers».

La Dre Anctil insiste sur l'importance de se réhydrater, notamment avec les solutions qu'on retrouve en pharmacie, comme le Gastrolyte. Il faut éviter les alcools et la plupart des fruits. Par contre, elle recommande un régime de riz et de bananes pour raffermir les selles.

«La plupart du temps, ça se règle en 24 heures», indique-t-elle.

                               

Il y a également des précautions à prendre pour éviter les piqûres d'insectes, parfois porteurs de maladies: des manches longues, de la lotion antimoustique, des moustiquaires.

«Il y a des choses qu'on peut faire, mais au fond, pour chaque voyage, il y a l'élément chance... ou malchance», énonce le Dr Ward.

Et que fait-on avec les fameuses larves qui se promènent allègrement sous votre peau, un cadeau d'une mouche qui y a pondu ses oeufs?

«On trouve toutes sortes de remèdes sur l'internet, comme de placer un petit morceau de bacon à côté, s'amuse le Dr Ward. Évidemment, ça ne marche pas. Les larves ont besoin de respirer: alors, on met de la vaseline, un pansement, et normalement, les larves sortent toutes seules.»

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