17/02/2014

Au lendemain de l'attentat de Taba : Le tourisme en Egypte reste fragile

Cette fois, l’attentat a touché un car de touristes sud-coréens. Celui-ci qui transportait des membres d'une Eglise chrétienne de la province de Jincheon, attendait au passage frontalier de Taba pour entrer en Israël après une excursion au monastère orthodoxe de Sainte-Catherine. La bombe a fait quatre morts (dont le chauffeur) et quinze blessés dans un car transportant 31 touristes sud-coréens.

 

Cette visite allait à l’encontre de toutes les recommandations de prudence, la région du Sinaï étant classée rouge, notamment par le ministère des affaires étrangères français, alors que d’autres régions comme celles du Caire et d’Alexandrie, la haute vallée du Nil ou la bande côtière en mer Rouge sont jugées zones à "vigilance renforcée".

Une insécurité médiatisée en Asie

S’il est confirmé que les auteurs appartiennent à la mouvance des Frères musulmans très active dans cette région du Sinaï, ces derniers auront réussi à atteindre plusieurs objectifs à la fois. L’insécurité égyptienne est maintenant médiatisée en Asie vers des marchés comme la Corée du Sud ou le Japon qui auraient pu aider au redémarrage de l’activité touristique. La proximité de la frontière avec Israël n’est pas anodine et les partisans du président destitué en juillet dernier, Mohamed Morsi, chercheraient à dégrader les relations avec le puissant voisin. Pour l’économie locale égyptienne, le tourisme venu d’Israël est une ressource importante, en particulier pour les séjours balnéaires dans des sites comme celui du Club Méditerranée.

Mais cet attentat, même s’il s’est produit à un millier de kilomètres des sites du Haut-Nil, touche l’ensemble du tourisme égyptien. Dans une ville d’un million d’habitants comme Louxor au cœur de la vallée des Rois, 70% des actifs travaillaient pour le tourisme. Le gouvernement, grâce à des subsides venant notamment de l’Arabie saoudite, paye les équipages des felouques, fournit de la nourriture pour les chevaux souvent squelettiques des calèches, subventionne les places vides dans les avions...

Les efforts pour relancer le tourisme culturel qui attirait autrefois 700 000 Français par an contre 140 000 en 2013, semblaient porter leurs fruits. Rafic Khairallah, directeur du Winter Palace de Louxor (groupe Sofitel), nous faisait part hier, pour la première fois depuis quatre ans (et le printemps arabe), de comptes positifs en décembre et en janvier. "Nous ne bradons pas les tarifs, même si des promotions sont régulièrement proposées, comme trois nuits pour le prix d’une, à notre clientèle qui, à 65%, est composée de clients individuels qui reviennent régulièrement", explique le patron du cinq étoiles. "32% des lits sont occupés cette semaine", assure Tareq Saadeddine, gouverneur de Louxor qui compte 41 hôtels et 4 200 chambres. Il affirme que 80 des 280 paquebots fluviaux naviguent sur le Nil. Un chiffre qui varie selon les sources et qui serait plutôt de l’ordre d’une vingtaine.

 Extrait d'un article de Thierry Vigoureux

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