11/01/2014

Tourisme en Antarctique: un point noir sur le continent blanc

L'ampleur et la complexité des secours apportés au navire russe bloqué par les glaces en Antarctique pendant deux semaines soulignent les risques inhérents aux voyages touristiques dans ce continent aux conditions extrêmes, selon les experts.

image.jpg


L'Antarctique est une des dernières frontières, offrant aux touristes -fortunés- une immensité virginale de neige, glace et banquises, peuplée de baleines, de phoques et de manchots.
Mais comme l'ont découvert les passagers du bateau russe Akademik Chokalskiï, le blizzard, les icebergs, une météo extrême et des mers dangereuses peuvent aussi faire partie du programme. Et sur ce continent isolé, les secours ont des milliers de kilomètres à parcourir avant d'arriver sur place.
Du tourisme à 15 000 euros

image.jpg


L'affaire de l'Akademik Chokalskiï "doit en effet nous rappeler qu'il s'agit d'un environnement extrême, que ce soit pour les expéditions scientifiques ou les croisières touristiques", déclare à l'AFP Daniela Liggett, spécialiste de la règlementation pour le tourisme en Antarctique à l'université de Canterbury, en Nouvelle-Zélande.
De moins de 5000 en 1990, le nombre de touristes atteint aujourd'hui les quelque 35 000 par an, selon les chiffres de la profession. La plupart arrivent par mer, payant jusqu'à 15 000 euros pour une cabine de luxe en haute saison (novembre à mars).

image.jpg


Premiers touristes du Grand Blanc en 1958
D'autres admirent le paysage depuis les airs, dans un avion. Le premier séjour touristique en Antarctique date de 1958: une centaine de passagers avaient payé leur place à bord du navire argentin Les Eclaireurs.
Depuis, beaucoup s'alarment de l'impact de ces visites sur un continent vierge et fragile et des difficultés à venir en aide aux bateaux pouvant se trouver en difficulté.

image.jpg


"L'isolement est une spécificité de l'Antarctique et si quelque chose arrive à un gros bateau, et bien il sera quasiment impossible de venir en aide à tous les passagers rapidement", note Daniela Liggett.
Les équipes de secours traditionnelles se trouvent à des milliers de kilomètres et l'aide retombe souvent sur les navires des expéditions scientifiques, perturbant des missions minutieusement préparées en raison de la brièveté de l'été austral.







Les commentaires sont fermés.