21/12/2013

La Méditerranée futur terrain de jeux n°1 des croisières.

Demain, le marché de la croisière en Méditerranée dépassera celui des Caraïbes, numéro un actuellement. Avec des capacités croissantes et assurant de plus en plus une présence annuelle sur la Grande Bleue, les navires des principales compagnies internationales se plaisent sur ce terrain de jeu qui offre une énorme marge de progression en terme de croisiéristes.
Janvier 2012, le Costa Concordia échoue près de l'île de Giglio. L'année démarre plutôt mal pour le marché de la croisière en Méditerranée déjà perturbé depuis des mois par les Printemps arabes. Et pourtant, 2012 affiche une progression du nombre des croisiéristesen Europe par rapport à 2011 où 171 paquebots croisaient dans les eaux de la Méditerranée et proposaient 2 958 croisières.

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En 2012, le marché a généré plus de 315 000 emplois et plus de 48 mrds$ de retombées économiques.

Certes, il existe des croisières au nord de l'Europe. Mais, la Méditerranée tire le marché de la croisière dans le Vieux-Continent. Ce dernier enregistre un doublement du nombre de passagers en seulement dix ans rattrapant inexorablement le retard pris sur ce mode de voyage par rapport aux touristes outre-Atlantique.

Comme les années précédentes, quatre Européens sur cinq ont choisi en 2012 de faire une croisière en Europe et sur la plus populaire des destinations : la Méditerranée. La Méditerranée a enregistré 3,5 millions de passagers européens.

Selon une étude du Conseil européen de la croisière (European Cruise Council - ECC), les Européens sont largement séduits par la Méditerranée et les îles de l'Atlantique (60%). Les Caraïbes et l'Europe du Nord se partagent, à parts égales, les 40% restants. "Même si les résultats 2012 de l'Italie (baisse de 8%) et de l'Espagne (baisse de 18%) s'avèrent décevants, reflétant la détérioration de la situation économique dans ces deux pays, la tendance dans chaque marché sur cinq ans reste positive" note l'ECC.

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Une marge énorme de progression
Les bateaux de plus en plus gros ne peuvent plus faire l'impasse sur la grande bleue et prennent leurs quartiers d'été en Méditerranée. Chaque année, une grande transhumance depuis le continent américain les voit traverser le détroit de Gibraltar.
Si la saison se joue de juin à septembre, “l'arrière-saison” tend à s'élargir de plus en plus, à l'image du tourisme méditerranéen en général. Mieux, s'appuyant sur le marché des seniors, séduits par les prix beaucoup plus attractifs hors saison, la plupart des armateurs n'hésitent pas, non seulement à jouer les prolongations suivant l'exemple de Costa dès la fin des années 90, mais aussi à désormais assurer une présence à l'année. Un fait nouveau.

Ils attirent ainsi une clientèle principalement composée d'Européens du nord (principalement britanniques et allemands) mais aussi d'Amérique du nord. Leur moyenne d'âge tend d'ailleurs à baisser de plus de 55 ans en 1990 à 45 ans aujourd'hui.

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Seconde destination mondiale du secteur, après les Caraïbes, la Méditerranée s'avère un marché en plein développement. Et, selon l'antenne européenne de la Cruise Lines International Association (CLIA) – créée en décembre 2012 sur les fondations du Conseil européen de la croisière - la tendance se poursuit avec vingt-quatre nouveaux navires qui devraient prendre la mer entre 2012 et 2016 pour une capacité supplémentaire de 67 000 passagers et un investissement de 12 mrds €.
Le marché européen reste d'ailleurs celui qui évolue le plus rapidement avec un ratio de 8% par an (moyenne annuelle sur cinq ans) contre 6% pour le marché américain.

Avec une croisière qui représente seulement 1% du marché global des vacances (contre 3% pour les États-Unis), l'Europe dispose de marges énormes de progression.
Intéressant pour l'activité en Méditerranée, car 65% de la progression du marché européen se situe justement en Méditerranée.

Plus de 150 ports du bassin méditerranéen accueillent les escales de 70 opérateurs. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Le principal port reste Barcelone qui concentre 2,4 millions de passagers à lui seul. Il demeure la plaque tournante de toute croisière en Méditerranée occidentale. Malgré une baisse de 9% enregistrée en 2012, Barcelone conserve de loin sa place de port leader des croisières en Europe et en Méditerranée.

Voici quinze ans, un seul concurrent tentait, sinon de lui ravir sa place, du moins de devenir son pendant à l'est, Gènes. Mais, depuis, quelques années, un autre outsider, idéalement positionné entre ces deux grands ports, fait plus que tirer son épingle du jeu : Marseille. La cité phocéenne s'impose comme le seul véritable concurrent de Barcelone et Gènes et joue de ses atouts (voir encadré) avec encore une progression à deux chiffres en 2012.

Plus qu'avec le nombre d'escales, la bataille se gagne avec les têtes de ligne. Et là, Marseille fait très fort avec un tiers de ses passagers accueillis en tête de ligne. Les autres ports qui comptent, Livourne, Naples, Savone, le Pirée, Civitavecchia, Venise... tentent de devenir aussi incontournables dans les itinéraires. Des routes qui souffrent d'un manque flagrant de diversité.

Les ports les plus à l'est (Venise, Dubrovnik, Le Pirée...) s'attachent à faire le lien entre les deux bassins, occidental et oriental, de la Méditerranée. Dans la configuration actuelle qui privilégie le format d'une semaine, même si des compagnies comme Costa Croisières ou MSC tentent de lancer des minicroisières, leur importance s'accroit.
Des séjours de neuf à onze nuits permettent ainsi de renouveler une clientèle lassée des circuits en boucle d'une semaine dont elle a vite fait le tour. Et d'aller plus loin (jusqu'aux rivages de la mer Noire ou des îles d'Atlantique) tout en conservant un port d'embarquement proche. Et donc sans se rendre (souvent en avion) dans un autre pays pour appareiller.

Article econostrum

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