15/12/2013

L'accident d'avion d’Asiana probablement du au stress des pilotes.

Le pilote de la compagnie aérienne Asiana Airlines qui s’était écrasé à l’atterrissage à San Francisco en juillet dernier a avoué être stressé par l’idée d’atterrir sans pilote automatique, sa culture l’ayant empêché de prendre les mesures nécessaires pour éviter le crash.


              

Selon le National Transportation Safety Board (NTSB) qui mène l’enquête sur le spectaculaire crash du Boeing 777-200ER sud-coréen le 6 juillet 2013, dans lequel 3 passagers avaient trouvé la mort et plus de 180 autres avaient été blessés, Lee Kang-kook a décrit la phase d’atterrissage en manuel comme « particulièrement stressante », et expliqué qu’il avait eu des difficultés visuelles lors de l’approche de l’aéroport californien, dont le système de guidage glideslope était en réparation, alors qu’il y atterrissait pour la première fois en 777 (et pour la première fois depuis 2004).

Selon le NTSB, les deux pilotes se sont aperçus de la vitesse trop basse, mais le commandant de bord a déclaré ne pas être sûr du maintien de la vitesse par les systèmes automatiques de l’avion (autothrottle), tandis que le copilote pensait qu’il « pouvait ne pas avoir été enclenché ». Cette vitesse insuffisante avait entrainé l’avion vers le bas trop vite, l’arrière de l’appareil heurtant une digue et déclenchant un tour quasi-complet avant de s’immobiliser le long de la piste et de s’enflammer. Les données initiales des enregistreurs de vol avaient montré que l’alerte de stall a retenti 4 secondes avant le crash, le pilote annonçant à la tour de contrôle l’abandon de l’atterrissage 1,5 seconde avant l’impact.

L’audition menée par le NTSB mercredi dernier et le rapport sur les déclarations de l’équipage « ne sont qu’une étape de la collecte des informations », ont rappelé les enquêteurs, qui devraient conclure leur travail en juillet 2014. Mais elle pose déjà des questions sur une éventuelle tendance des pilotes à trop compter sur le pilotage automatique, à laquelle se serait ajoutée une spécificité culturelle – M. Lee, avec moins de 45 heures aux commandes d’un 777, n’osant pas exprimer ses craintes face à l’atterrissage en manuel à SFO de peur de rebuffades de la part de ses collègues, qui avaient déjà vécu l’expérience. Il aurait d’ailleurs hésité à demander le go-around, pensant que c’était la responsabilité du pilote-instructeur. Il a d’ailleurs été critiqué par un autre pilote d’Asiana Airlines, le décrivant « mal préparé et organisé » lors d’un autre vol deux jours avant le crash.

Selon le NTSB, la cause de l’accident n’est toujours pas établie, mais aucune panne technique n’a pour l’instant été détectée. Une surprise est apparue pendant l’audition : selon le spécialiste évacuation de Boeing Bruce Wallace, au moins l’un des deux passagers tués dans le crash n’avait pas attaché sa ceinture de sécurité. Quant au déploiement à l’intérieur de la cabine des radeaux autogonflables, qui avait coincé une hôtesse de l’air, il n’avait jamais été enregistré auparavant. Mais le NTSB se pose encore des questions sur le fonctionnement de l’autothrottle, qui ne s’est pas enclenché automatiquement – un argument rejeté par le constructeur pour qui le système a été conçu pour aider le pilote, pas le remplacer.

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