27/11/2013

L'art de planifier son safari

Pannes mécaniques, guides incompétents, services jamais rendus, argent disparu dans la brume... Les histoires d'horreur sur des safaris ayant mal tourné pullulent sur l'internet. Le secret pour éviter pièges, arnaques et déceptions coûteuses? Une planification serrée, parfois des mois avant le grand départ.

 

Les safaris se suivent, ne se ressemblent pas... et les voyageurs ne le savent pas forcément. Safaris à pied, en jeep ou à dos de cheval. Séjour axé sur l'observation d'oiseaux ou les rencontres culturelles avec les populations locales. Nuitées sous la toile ou dans des lodges. Les formules possibles sont aussi nombreuses que variées. L'essentiel est d'abord de s'interroger sur le type d'expérience souhaitée, estime Clôde de Guise, une Québécoise qui guide des safaris en Tanzanie pour l'agence WAYO Africa.

«Les voyageurs doivent déterminer leurs besoins et le rythme qu'ils souhaitent adopter. Veulent-ils changer de parc tous les jours ou découvrir un parc plus en profondeur? Préfèrent-ils vivre une expérience plus contemplative ou cocher des animaux sur une liste?»

Autre question à se poser: veut-on se joindre à un groupe ou voyager seul, en couple ou en famille? La première option est évidemment la moins coûteuse, puisque les coûts sont amortis par plusieurs personnes.

Les agences qui organisent des safaris proposent pour la plupart des voyages à dates et itinéraires prédéterminés. Beaucoup offrent aussi un service à la carte et planifient le séjour selon les demandes des clients.

Tout organiser soi-même, depuis le Québec, sans passer par une agence? Les risques sont plus élevés. «À moins de connaître l'entreprise avec laquelle vous faites affaire, évitez de réserver directement sur l'internet», recommande Jane W. Adam, directrice des opérations pour l'agence Nature Expéditions, dont le siège social est situé à Nairobi.

Certaines agences de safaris sont installées en Afrique; d'autres sont dûment enregistrées au Québec. Laquelle choisir? Et comment s'assurer de la qualité des services?

Jean Jacques Préaux, porte-parole pour l'Office de la protection du consommateur du Québec, recommande de choisir une agence québécoise, qui détient un permis auprès de l'Office. «Ces agences doivent payer un cautionnement à l'Office et les fonds pourront servir à dédommager les clients si certains services ne sont pas rendus. Par exemple, si la jeep tombe en panne et que le safari est annulé.»

    

Les voyageurs auront des recours légaux contre l'agence québécoise, et ce, même si le problème est imputable à un intermédiaire, par exemple un guide local. «Si le client a transigé avec une agence du Québec, ce sont les règles de chez nous qui prévalent», explique M. Préaux. On peut s'assurer que l'agence dispose d'un permis valide en consultant le site de l'Office, www.opc.gouv.qc.ca.

Pour les agences africaines, l'adhésion à un organisme de réglementation reconnu peut donner un indice sur la crédibilité de l'entreprise. Ainsi, Josephine Egwa Mbela, de l'Office de tourisme du Kenya, suggère de choisir un voyagiste membre de KATO, l'Association des voyagistes du Kenya. «Les agences doivent payer leur cotisation annuelle à l'Association, qui en retour pourra protéger les clients en cas de litige.» En Tanzanie, l'Association porte l'acronyme de TATO et offre grosso modo les mêmes garanties. «L'adhésion est un bon indice du sérieux des agences», reconnaît Clôde de Guise, qui suggère aussi de s'informer auprès des agences sur la formation et l'expérience de leurs guides.

Au Kenya, l'Association professionnelle des guides de safaris a aussi mis sur pied un système d'accréditation et de formation efficace. La liste des guides accrédités est disponible sur le site www.safariguides.org.



Bref, avant de sortir la carte de crédit pour réserver, il faut s'informer, poser des questions, comparer les prix et les itinéraires, voire consulter des blogues de voyageurs ou lorgner du côté des Good Safaris Awards, remis chaque année aux meilleures agences de safaris travaillant dans 12 pays d'Afrique. Le jury est composé de professionnels du voyage et de lecteurs de magazines comme Conde Nast Traveller.

Une fois l'agence choisie, reste à réserver sa place... à condition qu'il en reste pour les dates souhaitées! «Un conseil: réservez votre séjour au moins quatre mois à l'avance, plus si vous voulez assister à la grande migration des gnous», explique Jane W. Adam.

 

Quels pays choisir?

Plusieurs pays africains offrent la possibilité de faire des safaris sur leurs territoires. Comment faire son choix? Julien Passerini, cofondateur de l'agence Voyages Explorateurs (et qui a complété sa maîtrise en biologie animale en Afrique) trace les grandes lignes de chaque destination.

Afrique du Sud

Comme le pays est plus développé, le dépaysement est un peu moins grand. Les parcs nationaux sont moins sauvages aussi. Les réserves privées sont moins achalandées que les parcs nationaux, comme le Kruger, mais les safaris sont plus chers.

Namibie

Les paysages sont très différents, plus désertiques. Le grand plaisir des safaris est de suivre les pistes d'animaux pour les repérer, souvent dans des environnements ingrats.

Botswana

Le pays mise sur une clientèle aisée. Des lodges isolés, accessibles seulement en avion, possèdent des concessions privées dans des parcs nationaux. Il y a moins de monde, mais c'est plus cher.



Zimbabwe

Les problèmes politiques ont tenu les touristes loin du pays, mais la situation est revenue à la normale. On trouve ici une belle diversité de faune et les meilleurs guides locaux d'Afrique. On peut marcher dans les parcs, ce qui n'est pas possible partout.

Zambie

La carte cachée de l'Afrique, avec des parcs extraordinaires, peu fréquentés et qui abritent énormément d'animaux. Toutefois, les parcs sont plus difficiles d'accès.

Ouganda

On y va surtout pour voir les gorilles et les chimpanzés. Le paysage est très verdoyant, presque tropical, et montagneux.

Kenya et Tanzanie

C'est la totale, les deux pays à choisir pour un premier safari, tant pour la quantité et la diversité des animaux que pour la facilité d'observation. Les peuples qui y vivent sont fascinants et les paysages sont spectaculaires, surtout dans la vallée du Rift. Quand on rêve de l'Afrique, on rêve du Kenya et de la Tanzanie. Et ces deux pays ne déçoivent jamais les visiteurs...

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