20/11/2013

Suite au refus d’Air France, Alitalia se retrouve au bord du précipice

                 

Après le désistement d’Air France-KLM, seul un nouvel intervenant pourrait sauver Alitalia de la faillite. La compagnie italienne pourrait intéresser un transporteur aérien du Golfe. Dans l’urgence, Alitalia a choisi de mettre en vente une partie de son patrimoine immobilier.
Le conseil d’administration d’Alitalia, présidé par Roberto Colaninno, a reporté au 27 novembre la date limite de la recapitalisation de l’entreprise, exsangue et en danger de mort. Mais les 300 millions d’euros espérés ne constitueront tout au plus qu’un ballon d’oxygène et certainement pas une solution durable. D’autant qu’Air France-KLM, par la voix d’Alexandre de Juniac, son président, a confirmé son refus de participer à cette injection d’argent frais, ce qui revient à dire que la participation du groupe franco-hollandais tombera bientôt de 25 à 7 %. Une reculade qui risque fort d’apparaître ultérieurement comme une erreur. Soit qu’Alitalia s’effondre, Air France-KLM risquant fort d’en porter la responsabilité morale, soit que la compagnie italienne aboutisse dans le giron d’un autre intervenant non-européen.

Maurizio Lupi, ministre italien des Transports affirme urbi et orbi qu’il continue d’entretenir de bons rapports avec Paris, sans que l’on sache s’il s’agit d’un optimisme de façade ou de la traduction d’espoirs bien réels de réunir les conditions d’un retournement de situation. De manière générale, le gouvernement italien, bien que très préoccupé par l‘avenir de son pavillon aérien, donne l’impression de garder la tête froide, un contraste frappant avec l’époque Berlusconi.

Doit-on s’attendre à l’arrivée d’un nouvel acteur à la table de négociation ? Le nom d’Aeroflot a été cité à plusieurs reprises, ces jours-ci, mais probablement à tort. En revanche, on imagine volontiers l‘arrivée d’un acteur du Golfe, tout les regards se tournant tout naturellement vers Etihad Airways. La compagnie d’Abu Dhabi, très dynamique, est plus petite qu’Emirates et Qatar Airways et cherche avec force à combler son retard. Ainsi, elle s’efforce de drainer davantage de trafic vers son hub et vient, pour ce faire, d’acquérir 33,3 % du capital de la compagnie régionale suisse Darwin Airline. Très rapidement sera ouverte une ligne Zurich-Abu Dhabi, en complément du service quotidien déjà assuré depuis Genève. Voici Darwin promise du jour au lendemain à un bel avenir, bien qu’elle dispose tout au plus d’une dizaine de Saab 2000 (elle est représentée en France par APG).

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