22/11/2013

Aéroports de Paris candidat à la privatisation de Rio et Belo Horizonte

Après une première tentative malheureuse l’an dernier, Aéroports de Paris tente de nouveau sa chance au Brésil. Le gestionnaire des aéroports parisiens, associé au sein d’un consortium à Amsterdam Schiphol et à des investisseurs brésiliens, a déposé lundi une offre pour la privatisation d’aéroports de Rio et de Belo-Horizonte. Le résultat de cet appel d’offres, qui porte sur 51 % du capital des deux aéroports, devrait être connu vendredi prochain, à l’issue d’une mise aux enchères des meilleures offres.

En 2012, ADP s’était déjà intéressé à la privatisation des aéroports de São Paulo, Brasilia et Campinas , mais il avait jeté le gant devant l’énormité des montants atteints lors de l’enchère finale. Cette seconde vague de privatisation semble toutefois plus favorable à Aéroports de Paris. Tirant les leçons du premier appel, qui avait vu des groupes sans grande expérience aéroportuaire l’emporter, le gouvernement brésilien a durci les conditions d’accès. « Sur les 51 % offerts à la privatisation, 25 % doivent revenir à un opérateur ayant l’expérience de la gestion d’un terminal d’au moins 22 millions de passagers pour Rio-Galeao et de 12 millions pour Belo Horizonte-Confins », explique Fernando Santiago, avocat d’affaires au cabinet Chenut-Oliveira-Santiago, à Paris. Aéroports de Paris a également pris soin de s’associer à des partenaires brésiliens de poids : le groupe de BTP Carioca Ingenieria et le fonds JP Investment.

Première incursion en Amérique latine

De quoi limiter la prolifération des offres, qui avait fait grimper de 375 % le prix de l’aéroport de São Paulo, à plus de 5 milliards d’euros, lors de la précédente vague d’enchères. La mise de départ pour l’aéroport de Rio serait fixée à 4,8 milliards de reals (1,5 milliard d’euros) et 1 milliard de reals (319 millions d’euros) pour Belo Horizonte.

Cependant, la participation d ’Aéroports de Paris au sein du consortium ne devrait pas excéder 12,5 %, soit la moitié des 25 % réservés aux opérateurs aéroportuaires. « C’est une opération relativement modeste financièrement, mais qui présente un réel intérêt stratégique », souligne Laurent Galzy, en charge des participations chez ADP.

Avec 17,5 millions de passagers par an pour Rio et 10,4 millions pour Laurent Galzy, et une croissance du trafic à deux chiffres, cette opération sera en effet la plus importante pour ADP depuis son entrée au capital du groupe turc TAV et marquera sa première incursion en Amérique latine.

Aéroports de Paris devra toutefois compter avec les offres concurrentes de tout ce que le secteur aéroportuaire compte de poids lourds. Son rival allemand Fraport et le britannique BAA seraient notamment sur les rangs. 

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