09/11/2013

La location d'hébergements entre particuliers en plein essor

Avec Internet, cette possibilité est entrée dans une ère sans frontière. Champion de cette pratique au succès fulgurant, le site Airbnb.


                    

Une villa sur la plage en ­Indonésie (125 € la nuit), une demeure d'architecte dans les montagnes de Californie (254 €), une maison à Munster, en Alsace (60 €), un appartement à Soho, au cœur de Londres (73 €)… Sur la page d'accueil d'airbnb.fr défilent les images de logements référencés. La ronde pourrait durer longtemps car ce site héberge plus de 500.000 adresses dans le monde, à des tarifs compris entre 7 € et 500 € la nuit. Des châteaux comme des cabanes pour Robinson, des lofts et des maisons dans les arbres. De quoi donner envie de boucler ses valises.

Arrivé sur la Toile il y a cinq ans, le site américain est désormais fréquenté par des millions de vacanciers. Il n'est pas le seul: www.wimdu.fr, www.bedycasa.com, www.9flats.com et bien d'autres fourmillent sur le Web. Mais son succès phénoménal en fait le modèle du genre.

Simplicité d'inscription

Depuis sa genèse à San Francisco en 2008, Airbnb a convaincu huit millions de personnes qui ont loué un logement par son intermédiaire. En 2013, ils sont déjà 4 millions à avoir fait de même. Présente dans 192 pays via ses annonces, l'entreprise a déployé ses activités dans 11 pays, dont la France avec un bureau dirigé par Nicolas Ferrary. «Le succès repose sur la mise en relation des voyageurs en quête d'authenticité, avec des hébergeurs.»

Les candidats à la location doivent se connecter, puis créer un profil, via un compte Facebook ou en enregistrant leur e-mail. Vient ensuite le choix d'un hébergement en précisant lieu, date et nombre de voyageurs sur un moteur de recherche. Ou bien en naviguant sur le site. Puis, après une première sélection, le profil des hébergeurs apparaît sur la page qui leur est dédiée. Une fois le logement choisi, cliquer sur «réserver». La transaction est assurée. L'hôte dispose de vingt-quatre heures pour confirmer. C'est seulement après cette dernière formalité que la réservation est débitée sur le compte du locataire. Au passage, le site prélève entre 9 % et 15 % du montant total de la location. Plus le séjour est long et cher, moins ce taux est élevé. Noter que les logements bénéficient d'une assurance à hauteur de 700.000 €. Enfin, le voyageur ­reçoit les informations pratiques, adresse, moyens d'accès..., il ne reste plus ­qu'à convenir d'un rendez-vous pour récupérer les clefs.

Côté hébergeur - il fixe lui-même ses tarifs -, l'inscription est gratuite. À sa requête, Airbnb envoie un photographe, ce qui assure l'homogénéité du site, autre raison de son succès. En quelques clics, une famille pari­sienne peut donc louer un appartement à Florence, Reykjavik ou Los Angeles, avec la perspective de vivre en ville à la manière de ses habitants, de profiter ­de ses conseils. C'est un plus du site, ­commercialiser une relation au-delà du simple hébergement locatif.


«Nous comptons sur le bouche-à-oreille»

En France, le site regroupe plus de 50.000 adresses, dont 15.000 à Paris. Pour une nuit dans un charmant ap­partement des Abbesses, sur la butte Montmartre, c'est 119 €. La capitale profite de son aura... Mais les autres ­villes françaises ne sont pas ­en reste: à Nantes (349 adresses), un studio dans le centre se loue 53 €. Mais ce sont les ­zones touristiques qui concentrent l'essentiel des efforts des équipes ­d'Airbnb France: d'après Nicolas ­Ferrary, un tiers des annonces sont sur la Côte d'Azur, sur l'Atlantique ou dans les ­Alpes. Un petit chalet près de Chamonix se négocie 90 € la nuit.

La société accompagne cette dynamique en misant sur la satisfaction des voyageurs: «Nous comptons sur le bouche-à-oreille, ce qui implique que les clients repartent contents de leur séjour», explique Nicolas Ferrary. Dans un esprit de communauté propre au Web, les clients jouent en effet le rôle d'informateurs en partageant leurs avis sur la qualité de chaque ­hébergement. En misant sur l'autorégulation du ­système, les créateurs d'Airbnb ont profondément transformé une pratique vieille comme les congés payés, la ­location d'un toit pour les vacances…


Rassurer et assurer

Héberger des locataires peut s'avérer source d'inquiétude. Airbnb a développé de nombreux pare-feux, histoire d'effacer ces craintes. D'abord, la charte de bon voisinage, rappelant les basiques, le bruit en particulier, mais aussi la convivialité et le respect des parties communes d'un immeuble ou du jardin d'une villa. Ensuite, en installant un code de vigilance entre loueur et locataire. Le premier doit être propriétaire du bien ou, s'il est locataire, avoir l'agrément officiel de son propriétaire. Dans ce cas, le revenu mensuel de ses locations ne peut excéder le montant de son loyer. Il peut par ailleurs exiger une caution qu'il fixe lui-même. Notons encore la liberté des commentaires laissés sur le site par les uns comme par les autres, signalés par une notation de une à cinq étoiles. Le modérateur maison supprime insultes et outrages, rien d'autre. Enfin, suite à un incident en 2011 (un appartement dévasté), Airbnb suggère de photographier les pièces louées. Il a surtout installé une assurance automatiquement activée. Elle couvre les préjudices jusqu'à 700.000 €. Officiellement, elle est très peu sollicitée, la plupart des litiges - verre cassé, moquette tachée... - se réglant entre les intéressés, et à l'amiable. 

Les commentaires sont fermés.